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| GermanStudies.ca – Bulletin Janvier 2010 |
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Manchettes Le bulletin GermanStudies.ca célèbre son troisième anniversaire en introduisant une nouvelle section intitulée « Commentaires d’actualité » : Dans le numéro courant, lisez sur les célébrations de 2009 entourant la chute du mur de Berlin, sur l’hypothèse du « syndrome de la mémoire défaillante » émise par Laurence McFalls ainsi que sur le procès Demjanjuk. Oliver Schmidtke, Université de Victoria Nous sommes heureux de vous accueillir pour notre dernière édition des bulletins GermanStudies.ca 2010. Pour une première fois, l’édition de janvier inclut une section intitulée « Commentaires d’actualité ». Dans le contexte du forum en ligne www.GermanStudies.ca/berlinwall , des collègues de partout au pays furent invités à commenter la contribution de Laurence McFalls à propos de son « syndrome de la mémoire défaillante » relativement au vingtième anniversaire de la chute de Berlin. Willi Goetschel de l’Université de Toronto discute de la signification concernant le choix de faire du 9 novembre la journée officielle de célébration de l’unité allemande et concernant aussi le symbolisme rattaché à cette date dans le contexte historique allemand. Christian Leuprecht, Collège militaire royal du Canada (également associé à l’Université Yale), place les célébrations de l’effondrement du mur dans une perspective internationale, dépeignant l’Allemagne comme le pays ayant grandement profité de la guerre froide mais qui serait en même temps confronté à de nouveaux espoirs de succès. Willem Mass de l’Université de New York attire notre attention sur le fait que l’année 1989 connu plusieurs développements et revirements historiques importants. À cet égard, l’attention portée sur les événements dramatiques de Berlin reflète combien sélective est la mémoire collective. Élaborant cette dernière perspective, Alexandra Hausstein, professeure à l’Université de Toronto, montre comment la mémoire de la chute du mur n’est pas nécessaire la même en Allemagne de l’Est et en Allemagne de l’Ouest. En fait, soutient Hausstein, les souvenirs et les expériences de l’Allemagne de l’Est sont souvent marginalisés par rapport au récit dominant qui est celui de l’Ouest. Abordant un aspect différent du passé de l’Allemagne moderne, Rebecca Wittman de l’Université de Toronto discute du procès Demjanjuk en tant qu’élément (controversé) qui entre en ligne de compte lorsqu’il s’agit de l’effort que fait l’Allemagne pour « maîtriser son passé ».
Recherche. Innovation. Allemagne. Nouveau Centre en Recherche et Innovation Allemande, New York Andre Deirlein, Centre en Recherche et Innovation Allemande, New York Autour du globe, le gouvernement allemand a établit cinq Centres en recherche et innovation allemande afin de fournir aux universitaires, aux chercheurs ainsi qu'aux gens d'affaires des espaces où promouvoir une coopération internationale étroite avec des partenaires distingués dans les domaines universitaire, des affaires et de la politique publique. Le Centre en recherche et innovation allemande New York encouragera la collaboration entre l'Allemagne et l'Amérique du Nord pour la recherche et le développement scientifique de nouvelles technologies. Situé à New York, dans le même édifice où se trouvent le Consulat général allemand, la Mission permanente de l'Allemagne auprès des Nations Unies, l'Office allemand d'échanges universitaires (DAAD), la Fondation allemande de recherche (DFG) ainsi que des représentants de 27 universités, le Centre en recherche et innovation allemande (GCRI) a débuté son opération au 1er décembre 2009. Fidèle à sa devise, « Internationaliser l'excellence », le GCRI s'affairera à renforcer des partenariats canado-allemands et américano-allemands afin de surmonter les défis globaux du 21ième siècle. Chapeauté par le partenariat entre le DAAD et la DFG et mené par le directeur de programme, Dr. Joann Halpern, le GCRI tirera parti des synergies existantes, de l'expertise et des infrastructures locales pour développer un réseau de partenariats avec des institutions, organisations, universités et entreprises allemandes, américaines et canadiennes. Le GCRI organisera donc des conférences scientifiques et des symposiums pour examiner la recherche d'avant-garde ainsi que pour développer des ateliers pour étudiants diplômés et jeunes chercheurs afin de supporter leur carrière en sciences et technologies. Plus qu'un lieu de rencontre, le Centre de recherche et innovation allemande deviendra également un centre d'information sur le paysage de la recherche allemande et sur les sources de financement. L'inauguration officielle aura lieu vendredi, le 18 février 2010 en la présence de la Ministre fédérale de l'éducation et de la recherche, la professeure Dr. Annette Shavan, la Ministre d'État du Ministère des affaires étrangères, Cornulia Pieper et de l'Ambassadeur allemand aux États-Unis, Dr. Klaus Scharioth. Le PDG du New York Academy of Sciences, Monsieur Ellis Rubinstein, présentera une conférence intitulée « Catalysing the Creation of Innovation Ecosystems : A Brief Overview of Novel Approaches. » Le lauréat allemand du prix nobel, le professeur Dr. Wolfgang Ketterle, traitera à son tour des "New Forms of Matter Near Absolute Zero Temperature." Le Centre de recherche en innovation allemande fait parti de l'Initiative de recherche et de relations académiques du Ministère des affaires étrangères ainsi que de la Stratégie d'internationalisation du Ministère fédéral de l'éducation et de la recherche. Les autres locations sont situées à Moscou en Russie, à New Delhi en Inde, à Sao Paulo au Brésil et à Tokyo au Japon. Contacter : Centre en recherche et innovation allemande, Deutsches Wissenschafts -und Innovationshaus, 871 United Nations Plaza, New York, NY 10017 - États-Unis. Téléphone : 001.212.339.8606. Courriel : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir . Cet adresse courriel est protégée contre les pourriels, alors vous aurez besoin de télécharger Javascrispt afin d'y accéder. Recherche au Centre de recherche en études allemandes de Waterloo (WCGS) Mathias Schulze, Université de Waterloo Les membres du Centre de recherche en études allemandes de Waterloo (WCGS) mènent une recherche sur la langue, la culture et la civilisation des peuples germanophones. Le WCGS constitue par ailleurs un centre actif d'études allemandes au Canada, offrant un éventail d'activités éducatives et culturelles intéressantes à la fois pour le monde universitaire et pour la communauté élargit. Par exemple : organisation de la recherche et programmation d'activités incluant des conférences, des cours, des lectures d'auteur, des pièces de théâtre ainsi que des visionnements de film. En 2009, le WCGS a établi qu'il détenait d'excellentes qualités pour augmenter l'étendue et les visées collaboratives de ses recherches. Le Directeur, Dr. Mathias Schulze, explique au Germanstudies.ca quelques uns des objectifs du WCGS et décrit l'élan que cherchent à saisir ses collègues et lui-même en cours d'expansion de l'agenda de recherche de Centre... Le WCGS remplit le mandat suivant : •- Conduire de la recherche sur la langue, la culture et la civilisation des peuples germanophones depuis les perspectives historiques et contemporaines; •- offrir un grand éventail d'activités éducatives et culturelles pour l'université et la communauté en général; •- et de s'engager vis-à-vis de l'héritage germano-canadien. Au même titre que d'autres centres de recherches universitaires, la recherche est ainsi prioritaire dans les plans d'activités du WCGS. Les membres du Centre ont toujours été des chercheurs actifs, mais ce n'est que tout récemment que le WCGS travaille à devenir une infrastructure d'attache pour la recherche collaborative en études allemandes en même temps qu'un lieu dédié aux échanges fructueux et stimulants d'idées. Plusieurs thèmes de recherche ont émergé d'un atelier organisé par le Centre en avril dernier. Récemment, nous avons formé cinq groupes de recherche où travaillent ensemble des collègues et des étudiants diplômés. Les titres des cinq groupes de recherche ainsi qu'une brève description de leur domaine respectif sont présentés dans les paragraphes qui suivent. Allemagne 25. Ce groupe examinera certains aspects et facettes de la société et de la culture allemande contemporaine, l'histoire récente de l'Allemagne ainsi que son futur immédiat. Le groupe se penchera sur un projet à moyen terme à l'occasion du 25ème anniversaire de l'Allemagne unie. Les sujets envisagés sont : Stasi en Allemagne de l'Est, la littérature de la République de Berlin, le cinéma moderne allemand. Études canado-allemandes. Ce groupe étudie les phénomènes et processus historiques, culturels et linguistiques des communautés canado-allemandes. Une attention particulière est accordée à la recherche sur la communauté canado-allemande de la région de Waterloo. L'utilisation des archives allemandes de la bibliothèque Dana Porter est également privilégiée. Un ensemble indicatif des sujets et foyers d'intérêts se résumerait par : le bilinguisme allemand anglais, une bibliographie canado-allemande en Ontario, les Mennonites russes et l'histoire de la communauté locale allemande. Environnement. Étant donné la conscience émergente à propos des changements climatiques et du rôle majeur que joue l'Allemagne dans l'implantation de nouvelles technologies, la question qui surgit est alors de savoir comment les études allemandes peuvent-elles contribuer aux débats actuels sur l'écologie. Les sujets abordés par un groupe de travail sur l'environnement peuvent inclure : les écrivains allemands et l'écologie de Goethe à nos jours, les notions organicistes romantiques de « Lebenskraft », l'histoire et la philosophie des sciences naturelles et de la médecine alternative depuis 1800 à aujourd'hui, l'histoire et les permutations du concept d' « Umwelt », les critiques de la modernité, l'industrialisation, la question de la technologie, la « Lebensreformbewegung » et le « Wandervogelbewegung », l'esthétique « trash », les Verts dans la politique allemande depuis les années 1980 à aujourd'hui. Études autrichiennes. Celles-ci mèneront une recherche sur la culture, l'histoire et la civilisation de l'Autriche. L'une des projets à moyen terme consiste en l'organisation de la conférence annuelle de l'Association de culture et littérature autrichienne moderne qui se déroulera à Waterloo en 2013. Linguistique appliquée. Ce groupe mènera une recherche sur l'apprentissage et l'enseignement de la langue. Il se concentrera sur des domaines tels que l'acquisition d'une langue seconde, la pédagogie et la didactique, Deutsch als Fremdsprache. L'un des projets à court terme consiste en l'organisation et la direction d'une conférence prochaine intitulée « Transitions and Traditions : German Curricula » et qui se tiendra à Waterloo au mois d'août de cette année.
Germanstudies.ca - un réseau universitaire remarquable Timothy Scolnick, UVic En tant que plateforme d'assistance et d'information en ligne établissant des relations entre universitaires en études allemandes au Canada, le Germanstudies.ca exerce une fonction remarquable. En partie financé par l'Office allemand d'échanges universitaires (DAAD) et dirigé à partir de l'Université de Victoria (UVic) en collaboration avec d'autres universités à travers le Canada, Germanstudies.ca encourage la collaboration et les partenariats parmi les universitaires principalement établit au Canada, mais aussi qui viennent de l'extérieur du pays. Le DAAD cherche à renforcer la recherche et l'enseignement interdisciplinaire dans le domaine des études allemandes et ce, à l'échelle mondiale. Dans cette optique, l'un des attraits clé du Germanstudies.ca est son annuaire spécialisé croissant des universitaires au Canada qui œuvrent dans le vaste champ des études allemandes. Cet annuaire accroit la coopération académique parmi les individus et à travers les lignes institutionnelles au Canada. Germanstudies.ca a été efficace dans la centralisation d'information détaillée et accessible couvrant un large group décentralisé (géographiquement et sur le plan des intérêts de recherche) d'universitaires et de personnes-contacts. En plus de servir de pont créant des liens au sein du monde universitaire canadien, le site Internet livre des informations sur les événements, la recherche et les initiatives de soutien entreprit par la communauté des études allemandes au Canada. Germanstudies.ca accomplit de plus en plus un rôle de liaison en reliant des universitaires et des institutions dans le domaine des études allemandes. Dans un effort soutenu d'améliorer la base de données expert, Germanstudies.ca a tenté de s'établir parmi de précédents succès d'annuaires universitaires au Canada et internationalement. Se concentrant spécifiquement sur les bases de données experts et les réseaux en études allemandes, peu offre un annuaire et une liste de chercheurs classés en fonction de l'expertise. L'Institut historique allemand (GHI), un institut indépendant qui fait la promotion d'une diffusion de la recherche historique parmi les historiens et les politologues aux États-Unis et en République fédéral d'Allemagne, offre l'un des seuls répertoires de recherche. Cet annuaire fournit une liste complète des universitaires en sciences humaines et sociales travaillant aux États-Unis et au Canada. De plus, dans le domaine des études allemandes, il existe quelques réseaux universitaires et éducatifs qui diffusent de l'information, organisent des conférences ou autres événements et puis qui, pour certains, publient des journaux accessibles à leurs membres ainsi qu'à la communauté élargit des études allemandes. En voici quelques exemples : •- L'Association d'études allemandes, une association multi et interdisciplinaire réunissant des universitaires en histoire de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Suisse, en littérature, « Cultural studies », science politique et économie; •- L'Association des Professeurs d'Allemand des Universités Canadiennes (APAUC) a pour objectif de promouvoir l'éducation et la recherche en études allemandes au niveau postsecondaire et de diffuser de l'information sur ses membres relativement aux nouvelles et aux prochains événements; •- L'Association canadienne des professeurs d'allemand (CATG) facilite le travail professionnel des professeurs d'allemand de tous les niveaux en coordonnant et en assistant leurs efforts à promouvoir l'enseignement de l'allemand au Canada; •- L'Institut Goethe est l'institution culturelle de la République fédérale d'Allemagne en service à travers le monde avec 149 Instituts Goethe et 10 bureaux répandus dans 91 pays dont la mission est d'encourager le savoir sur l'Allemagne à l'étranger en fournissant de l'information sur sa culture, sa société et sa vie politique. La base de données spécialisée, abritée par le Germanstudies.ca, exerce une fonction essentielle en tant que réponse concrète au manque consistant et évident de communication et de coordination au sein des réseaux d'études allemandes et européennes à travers le monde. Germanstudies.ca aide à accroître l'attrait pour le milieu des études allemandes au Canada et dans le monde en instruisant les étudiants et les professeurs actuels et futurs à propos des intérêts de recherche ainsi que des projets en cours et à venir menés par des universitaires de la communauté des études allemandes. Un autre annuaire électronique est abrité par UVic, l'Eucanet.org du Réseau d'études européennes Canada, développé conjointement avec le Dialogue transatlantique Canada-Europe - Réseau stratégique de connaissances, puis opéré depuis l'Université Carlton. Ce réseau collaboratif et les bases de données expert sont des outils visant à promouvoir des activités de soutient et des interactions pour établir des liens entre les universitaires en études allemandes, les étudiants et les médias. ExpertonEurope.com constitue aussi un annuaire expert notable couvrant le vaste champ de recherche qui est celui des études européennes. Il s'agit d'une base de données de chercheurs membres de l'Association universitaire des études européennes contemporaines (UACES). De plus, d'autres réseaux en études européennes inclus : le « Centre for East European Language Based Area Studies » (CEELBAS) qui opère une base de données gratuite d'experts, membres affiliés internationaux, d'employés et d'étudiants de doctorat basés dans les universités formant le CEELBAS et ses réseaux; le EKCYP, une petite base de données couvrant le domaine de la jeunesse. Liens utiles mentionnés dans cet article : •- Eucanet - http://www.eucanet.org/
•- ExpertonEurope - http://www.expertoneurope.com/
•- La base de données EKCYP - http://youth-partnership.coe.int/youth-partnership/experts/Experts_database.html
•- L'Institut historique allemand (GHI) - http://www.directory.ghi-dc.org/
•- L'Association des études allemandes - http://thegsa.org/index.asp
•- L'Association des professeurs d'allemand des universités canadiennes (APAUC) - http://www.cautg.org/
•- L'Association canadienne des professeurs d'allemand (CATG) - http://www.ualberta.ca/~german/catg/start.htm
•- Institut Goethe - http://www.goethe.de/ins/enindex.htm
Commentaires d'actualité: "Le syndrome de la mémoire défaillante » et les célébrations autour de la chute du mur de Berlin Willi Goetschel, Université de Toronto : Non pas fausses, mais sélectives comme mémoires La manière même avec laquelle le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin est devenu un événement national et international soulève certaines questions. Toutefois, parler de mémoires fausses signifierait de perdre de vue la problématique plus profonde se terrant derrière la mise en scène des événements historiques vingt ans plus tard. C'est dans la nature même des événements historiques de comporter un aspect invariablement construit. Simmel et Freud parlent tous les deux de « Nachträglichkeit », c'est-à-dire du fait que l'histoire est toujours construite après l'événement historique. Il revient alors au média de faire croire à son audience qu'elle est bel et bien témoin d'événements historiques. Ce dont elle est en fait témoin ressemble bien sûr à ce que Derrida aurait désigné comme une théâtralisation médiatique. Lauren McFalls pose à juste titre la question de la fonction du 9 novembre comme journée officielle de la mémoire nationale allemande post-« réunification ». Je ne pourrais mieux acquiescer, par ailleurs, à l'effet qu'il existe entre les deux côté du mur quelque chose comme des zones grises. Un des aspects qui fût curieusement effacé de l'espace médiatique est le « Kristallnacht ». 70 ans après, se pourrait-il que l'on ait déjà oublié cette Nuit de Cristal? Ceux qui écrivent les discours on tout de même prit soin de faire brièvement mention de cet événement pour le moins inquiétant - en employant ici un euphémisme insidieux en soi par rapport à ce qui s'est bien sûr produit. Comparativement à l'année précédente toutefois, 2009 a semblé mieux commémorer les événements de 1989 que ceux de 1938. Il reste à voir s'il s'agissait simplement d'un incident isolé ou si 1989 viendra graduellement remplacer 1938. Mais il est en quelque sorte question du symptôme d'une préoccupation plus grande. Le véritable enjeu depuis 1990 est la question de choisir la juste date de commémoration. La réflexion de McFalls met en lumière combien le 9 novembre représente une date tout aussi appropriée que l'aurait été le 9 octobre ou encore n'importe quelle autre date pertinente relativement aux événements de l'automne 1989. De toute façon, que s'est-il passé le 3 octobre 1990 en cette journée dite de « réunification »? Ne se terre-t-il pas, en la date du 9 novembre, le signe d'une incapacité de célébrer? Ce n'est pas parce que plusieurs rejetèrent le terme de « réunification » et que d'autres expressions telles que « Beitritt » ou « l'adhérence de l'Est » ont été suggérés parce que jugés plus justes que la date officielle des commémorations devrait être reculée d'approximativement 11 mois. Que « Beiritt » soit moins euphémique et plus juste que « Wiedervereinigung » - un terme qui, néanmoins, tient compte de la nature plus problématique des conséquences historiques d'une manière que « Beiritt » ne pourrait qu'éclipser - traduit la présence de l'un de ces symptômes qui permettent de jeter un éclairage sur l'intensité surfaite de la dynamique cathexis guidant le débat autour de ce qui ne peut être décrit que comme un complexe national. La question demeure donc de savoir pourquoi avoir choisi le 9 novembre, alors qu'il existe d'autres dates historiques pertinentes relativement à la réunification de l'Allemagne et que le 9 novembre est déjà inscrit dans la mémoire nationale comme le jour des pogroms anti-juifs. La coïncidence est suffisamment curieuse pour considérer parler de ce que Freud appelait la mémoire sélective plutôt que simplement de mémoire erronée.
Christian Leuprecht, Collège militaire royal du Canada : Leçons sur Berlin post-1989 : Visions pour le futur J'ai grandi en Allemagne - c'est-à-dire dans la République fédéral - puis émigré au Canada juste un an avant que le mur s'effondre. Je me souviens distinctement de cet événement quoique celui-ci puisse apparaître incroyable aux yeux d'un adolescent ayant grandi à une heure de route de la frontière. « Que pourrait-il se passer si l'Armée rouge venait qu'à envahir? », me demandais-je souvent. Les gestionnaires de crises allemands en étaient venus à penser qu'il faudrait à l'Armée rouge trois jours pour rejoindre le Rhin et puis un autre quatre jours pour atteindre la Manche. Les planificateurs de l'OTAN s'étaient entendus pour faire du Rhin la première ligne de défense. D'un seul coup, la menace disparue. L'imperméable « Barrière de protection antifasciste », le mur de Berlin selon le lexique des leaders de la République démocratique, fut abattu non par la force mais par le peuple. La chute du mur de Berlin a marqué la période de troisième vague de démocratisation qui, selon Samuel Huntington, remonterait à 1974. Elle allait balayer non seulement l'Europe de l'Est et l'Europe Centrale ainsi que des parties de l'Asie Central et du Sud-est. La grande stratégie occidentale aurait apparemment rapporté : selon Francis Fukuyama, le « dernier homme » de Marx a atteint la « Fin de l'Histoire ». In memoriam de l'article de Fukuyama qui fut largement mal compris, celui-ci paru d'abord dans The National Interest à l'été 1989 - c'est-à-dire avant la chute du mur - et il était ponctué du point d'interrogation : « La Fin de l'Histoire ? » Peu après, son collègue de Harvard, Huntington, allait se moquer de la thèse de Fukuyama dans de son article publié dans Foreign Affairs présageant du « Choc des civilisations ». Au lieu d'être pris pour acquis, la démocratie devait être défendue. En tant qu'étudiant en histoire et de stratégie politique, Huntington avait lu Polybe. Il connaissait bien l'épique lutte entre l'Orient et l'Occident. Il savait à quel point les Romains ont failli se faire envahir par les pillages d'Hannibal. Il savait aussi que la liberté était en grand péril lorsque le peuple failli de reconnaître la menace émergente. Huntington chercha à nous alerter de cette menace. Quatre ans plus tard, dans Foreign Affairs, Fareed Zakaria allait nous expliquer en détail la nature de cette menace: « L'émergence de la démocratie antilibérale ». Les libertés démocratiques étaient menacées et usurpées par des régimes antilibéraux dans le cadre d'élections truquées et antidémocratiques. Alors que le libéralisme constitutionnel semble nous avoir apporté la démocratie, le contraire n'est pas vrai. L'Allemagne divisée fut un champ de bataille idéologique de premier plan entre certaines visions du monde concurrentes. En tant que pays le plus peuplé avec la plus grande économie en Europe, de l'Afghanistan au Congo, l'Allemagne s'est depuis frayé un passage au milieu de l'épique lutte pour la liberté d'une manière dont personne ne se serait doutée en 1989. L'Allemagne célèbre 1989 comme la fin d'une ère et comme le signe annonciateur d'un âge d'or de la démocratie et de la liberté. Depuis 20 ans, l'Allemagne essaie de surmonter la prise de conscience plutôt brutale vis-à-vis des obligations que la scène internationale lui impose et dont très peu d'Allemands sont motivés à réaliser. La chute du mur de Berlin a donné lieu à la deuxième venue d'une pléthore de « Questions que se pose un ouvrier qui lit ». Citation tirée du célèbre poème de Berthold Brecht : Le jeune Alexandre conquit les Indes. Tout seul ? César vainquit les Gaulois. N'avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?
Quand sa flotte fut coulée, Philippe d'Espagne Pleura. Personne d'autre ne pleurait ? Frédéric II gagna la Guerre de sept ans. Qui, à part lui, était gagnant ? Willem Mass, Université York : L'histoire rétrospective
McFalls nous rappelle judicieusement que les événements historiques comportent une multitude de significations. Selon moi, il est important de replacer la chute du mur de Berlin non pas simplement dans le contexte allemand voir même européen, mais dans un contexte mondial. Voici une histoire sélective : En 1988, L'Union soviétique de Mikhaïl Gorbatchev amorce sa restructuration économique (perestroïka) et commence à se retirer de l'Afghanistan ainsi qu'à retirer ses troupes ailleurs. À Bratislava, des dissidents catholiques font pression pour conserver leurs libertés religieuses, produisant ainsi la dernière parmi plusieurs manifestations anti-communistes à travers l'Europe Centrale et de l'Est. En août, des milliers de manifestants anti-gouvernementaux sont tués en Birmanie, le Président pakistanais Muhammad Zia-ul-Haq ainsi que l'ambassadeur des États-Unis sont tués dans un écrasement d'avion puis la guerre Iran-Iraq prend fin. En septembre, des centaines de milliers de personnes manifestent pour l'indépendance en Estonie; la République socialiste soviétique d'Estonie déclare l'indépendance deux mois plus tard. Au Chili, les tentatives d'Augusto Pinochet de renouveler son mandat sont défaites par plébiscite. Des milliers d'étudiants sud-coréens manifestent contre l'ancien Président Chun Doo Hwan qui s'excusera d'ailleurs plus tard pour la corruption de son régime. Benazir Bhutto est élu Premier Ministre du Pakistan. 1989 débute avec la mort de l'Empereur Hirohito qui, depuis 1926, avait présidé la transformation du Japon rural en géant industriel : militarisation et conflit contre la « ligue ABCD », les guerres sino-japonaises, les guerres du Pacifique culminant sur les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki, l'occupation américaine puis, enfin, le miracle économique de l'après-guerre. À Noël déjà, la Banque du Japon fit drastiquement grimper les taux d'intérêt, mettant ainsi fin à la bulle économique. Également en janvier, le gouvernement polonais légalise le Solidarność. En Afrique du Sud, P.W. Botha démissionne de son poste de leader de parti et de la présidence pour éventuellement être remplacé par F.W. de Klerk qui lui amorce les négociations pour mettre fin à l'apartheid. En février, à la suite des émeutes au Pakistan contre le roman de Salman Rushdie, Les Versets sataniques, le leader iranien Ruhollah Khomeini encourage les Musulmans au meurtre de Rushdie et de ses éditeurs. Khomeini meurt en juin suivant, une décennie après la Révolution iranienne l'ayant mené au pouvoir. En mars, Exxon Valdez renverse 240 000 barils d'huile sur la côte d'Alaska. En avril, des étudiantes chinoises pro-démocraties commencent à manifester sur la place Tiananmen. Le 4 juin fut simultanément témoin du massacre de la place Tiananmen en Chine ainsi que de la victoire écrasante du Solidarność en Pologne. Plus tard ce mois là, 250 000 personnes se rassemblèrent à Budapest pour les obsèques populaires et nationales de l'ancien chef de gouvernement Imre Nagy, exécuté à la suite de la révolution hongroise ratée de 1956. En juillet, la chef de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, est condamnée à la résidence surveillée. En août, le piquenique paneuropéen est tenu sur la frontière austro-hongroise puis la Hongrie lève ses restrictions frontalières. Des millions de personnes en Estonie, en Lettonie et en Lituanie demandent l'indépendance, formant ensemble une chaine humaine longue de 600 kilomètres. En octobre, les nations du Commonwealth délivrent la Déclaration Langkawi mettant sur pied une mesure immédiate pour combattre les changements climatiques, la destruction de la couche d'ozone, les pluies acides, la pollution marine, la dégradation des sols et l'extinction d'espèces animales et de plantes. Le 9 novembre correspond à l'événement aujourd'hui commémoré ou, pour être plus exact, reconnu en tant qu'événement clé. Comme le souligne McFalls, « Quand il est aujourd'hui question du mur de Berlin, les gens inventent toutes sortes d'histoires ». Trois jours plus tard, le Brésil tient sa première élection présidentielle libre depuis 1960. Cinq jours après, les forces de l'ordre mettent un terme à une manifestation étudiante à Prague, déclenchant du coup la Révolution de velours qui débouchera sur l'élection de Vaclav Havel à la présidence de la Tchécoslovaquie le 29 décembre, c'est-à-dire quatre jours après l'exécution du leader romain Nicolae Ceauseşcu et de sa femme survenu le jour de Noël. Dans ce contexte, tentons d'être plus perspicaces : l'histoire est interprétée en rétrospective et ses significations dépendent de la perspective que l'on emprunte. D'un point de vue allemand contemporain, la chute du mur de Berlin importe énormément. Selon les perspectives, toutefois, il peut peut-être sembler de moindre importance par rapport à d'autres événements comme, par exemple, la perestroïka et le retrait des troupes soviétiques, les morts de Hirohito et de Khomeini, la victoire du Solidarność, les obsèques de Nagy, la Déclaration Langkawi ou encore la place Tiananmen. L'histoire est constamment remaniée et la perspective dépend des lieux à partir desquels se développe ainsi que de la construction de la mémoire sélective. Les usages politiques de l'histoire sont pour moi fascinants. Comment est-ce que les points de vue des historiens influencent la narration historique? Quels événements acquièrent une pertinence historique ou une signification symbolique et pourquoi? De quelles manières sont-ils commémorés ou corrompus?
Alexandra Hausstein, Université de Toronto : Des représentations complexes et la politique du souvenir Les contributions de Laurence McFalls et d'Oliver Schmidtke soulèvent deux questions importantes : 1) celle de la représentation de la chute du mur de Berlin dans les cultures de la commémoration et 2) celle concernant le rôle joué par les Allemands de l'Est dans la constitution et la politique de la mémoire collective. Prenez par exemple la datation d'événements historiques et leurs fonctions de repères du souvenir : comme le fait judicieusement remarquer McFalls, le 9 novembre est la date associée à un événement certainement symbolique mais elle ne rend pas justice aux actes survenus lors des manifestations du lundi dans plusieurs villes d'Allemagne de l'Est. La question est donc de savoir pourquoi est-ce que le 9 novembre retient toute l'attention dans l'évocation d'un seul et unique événement marquant. Il s'agit d'abord d'une question de politique de souvenir, ensuite d'une question de médiatisation des événements historiques ainsi que de la concentration des pouvoirs de représentation et de symbolisation historique. Pourquoi est-ce que la commémoration de la chute du mur de Berlin s'axe-t-elle autour de la corporalité/matérialité (le mur en soi) des événements qui sont, d'autant plus, mis-en-scène? Pourquoi ne pas se souvenir du 9 octobre comme le jour du premier mouvement révolutionnaire à Leipzig? D'abord, c'était un événement régional; les manifestations du lundi dans les autres villes allemandes étaient quelque peu différentes. Ayant moi-même pris part à quelques-unes de ces manifestations à Rostock, il me serait difficile d'identifier un lundi plus particulièrement important qu'un autre. En comparaison, la chute du mur de Berlin porte en elle la part symbolique de l'Allemagne divisée, c'est-à-dire les ambiguïtés rattachées au mur et qui persistent encore 20 ans plus tard - de la protection (« antifaschistischen Schutzwall » qui dépassait la simple propagande), à l'exclusion, en passant par la distinction (« die Mauer in den Köpfen ») et finalement de nouveau la division (« die Mauer muss wieder her »). Encore plus ardu est de célébrer le 3 octobre étant donné que cette date ne correspond à aucun événement à caractère affectif qui puisse s'inscrire dans la mémoire commune. La signature d'une constitution commune est désormais officiellement célébrée, mais le peuple profite de ce congé national à des fins personnelles comme c'était le cas du 7 octobre au temps de la RDA. Ironiquement, cette dernière date reçoit par ailleurs plus d'attention dans certaines parties de l'Allemagne que le 3 octobre. Les Allemands ne sont-ils pas prêts pour quelques sortes de « Verfassungspatriotismus »? Le 3 octobre fut choisit puisque le 9 novembre représentait déjà le jour de la commémoration du Putsch de la Brasserie (1923) et de la Nuit de Cristal (1938). Il n'en reste pas moins que le 9 novembre est le jour de l'effondrement du mur et qu'il s'agit là d'un événement plus connoté et marquant que ceux que rappelle le 3 octobre. Environ 80 ou 100 ans (trois ou quatre générations), le souvenir d'un événement voyage de la mémoire collective vers la mémoire culturelle. Cette transition progresse depuis les événements de 1923 et de 1938 pour éventuellement s'acheminer vers le 9 novembre comme la date d'un événement vécu chevauchant du coup les dates correspondants désormais à des événements narrés. Je tente ici de démontrer que ce que McFalls appelle la « mémoire défaillante » constitue plutôt le symptôme à la fois d'une politique du souvenir et des dynamiques complexes de la représentation vis-à-vis desquelles, comme le fait remarquer Oliver Schmidtke, les Allemands de l'Est se retrouvent marginalisés. Comment se fait-il que 20 ans après l'unification des deux états allemands la politique du souvenir soit principalement occidentaliste, axée sur la chute du mur de Berlin comme symbole de la victoire d'un système supérieur contre un état injuste et maléfique, un « Unrechtsstaat »? Pour un bref instant, les Allemands de l'Est furent regardés comme des héros, mais survivre (en soi, peu héroïque) au sein du nouveau système politique, légal et économique allait exiger de nouvelles habiletés et de nouvelles habitudes engendrant ainsi de grands bouleversements identitaires. Comme le disent les Allemands de l'Est, ce qui reste de la RDA est le « Sandmännchen » et le « des grüne Pfeil ». Étant donné une certaine « perte du sens de la maîtrise » dont parle Schmidtke, l'accès aux moyens modernes de représentations comme les médias se trouve réduite. L'individu allemand de l'Est interagit dans un cadre social et fait parti d'un système symboliquement intersubjectif d'où son accès à plusieurs souvenirs collectifs et conceptions identitaires collectives. Toutefois, la manière dont la mémoire est médiée pour devenir tangible, rejoint de nouvelles audiences et est projetée à plus grande échelle n'Est pas seulement une question de politique du souvenir mais concerne également l'accès aux moyens de production de récits, d'images, de lieux, de monuments qui constituent les fondements sociaux et relationnels d'une culture. Traiter du passé : le procès Demjanjuk Rebecca Wittmann, Université de Toronto : Le dernier procès pour crimes Nazi? À la fin novembre 2009, la Cour suprême de Bavière ouvrit le procès contre John Demjanjuk, un ancien gardien au camp concentration de Sobibor. Demjanjuk fut accusé d'avoir aidé et encouragé le meurtre de 27 900 personnes. C'est par déduction que les procureurs d'État en sont venus à ce nombre : Demjanjuk était présumé avoir servi comme gardien à Sobibor en 1943, dans la période où, comme le prouvent les documents à l'appui, 27 900 personnes (pour la plupart d'origine néerlandaise) furent déportées puis assassinées à Sobibor. Le cas de Demjanjuk est problématique à plusieurs égards. D'abord, il était déjà connu pour son célèbre procès tenu en Israël deux décennies plus tôt. Il avait alors été extradé des États-Unis et traîné devant les Tribunaux en tant qu' « Ivan le Terrible » - un gardien de camp sadique bien connu à Treblinka - et condamné à mort (faisant de Demjanjuk le dernier Nazi condamné à mort en Israël à part Adolf Eichmann). Demjanjuk a passé six ans dans le quartier des condamnés à mort avant que soit découvert, grâce à de nouvelles preuves, qu'il n'était pas « Ivan le Terrible » de Treblinka mais, selon toute vraisemblance, Ivan de Sobibor. Demjanjuk retourna chez lui à Cleveland en Ohio pendant que des enquêteurs américains continuèrent de monter de nouvelles preuves contre lui. Cette fois, il allait être jugé par les Allemands, ce qui nous amène au deuxième problème. John Demjanjuk fût conscrit par l'Armée Rouge et combattit avec les Soviétiques jusqu'à ce qu'il soit capturé en 1942. Il se fit « prisonnier de guerre » et mis devant de sombres choix : être assassiné dans un camp de concentration (les Nazis tuèrent 15 000 prisonniers de guerres soviétiques à Auschwitz rien qu'en 1941), la mort par l'épuisement et la famine ou encore Trawniki, un camp SS où sont formés les prisonniers de guerre pour servir d'auxiliaires dans les camps d'extermination issus de l'Aktion Reihnardt. Ainsi Demjanjuk représente un cas plus complexe que peuvent l'être ceux des Allemands ayant volontairement joints les rangs SS et travaillés dans les camps pour éviter d'aller au front; d'autant plus que la grande majorité de ces anciens SS allemands n'ont pas été poursuivis par la justice et ceux qui le furent, dont d'anciens supérieurs de Demjanjuk, furent acquittés par les cours allemandes. Pour s'assurer de la culpabilité de Demjanjuk dans le meurtre de milliers d'innocents de l'Holocauste, le procès devait avoir lieu. Il est vrai que, d'après un nombre incalculable de témoignages de survivants, les gardiens ukrainiens avaient la réputation d'être brutaux et cruels. Le problème repose dans le fait que Demjanjuk a passé plusieurs années en prison, gardé contre son gré malgré qu'il n'existe pas de preuves convaincantes de sa culpabilité. En comparaison, plusieurs milliers d'Allemands se sont volontairement offerts pour travailler dans les camps et il existe d'amples preuves de leur participation dans des crimes de masse. Ceci traduit bien les faiblesses dont étaient affectés les procès d'anciens SS allemands suivant la reconstruction du système judiciaire post-1945. La volonté politique était insuffisante parmi les juristes - dont plusieurs avaient travaillés pour l'État nazi - parmi le public en général également à prouver l'implication des Allemands dans les crimes de masse en dehors de celle de quelques pommes pourries de certains SS sadiques. Demjanjuk, probablement la dernière personne à être poursuivie pour des crimes nazis, représente une nouvelle tentative échouée de montrer que le système légal est dévoué au jugement d'anciens SS. L'Affaire Demjanjuk est le symptôme d'un besoin de poursuivre et de punir les criminels nazis en Allemagne et procure du coup de bons sentiments moraux ainsi qu'un sentiment de soulagement : « il n'est pas des nôtres ». Ceci étant dit, quelle autre nation aurait pu mieux admettre la responsabilité de ses crimes haineux par la construction d'un énorme monument commémoratif des Juifs exterminés d'Europe érigé aux côtés de la Porte de Brandebourg à Berlin. Cette confrontation avec sa propre responsabilité collective n'est pas venue à force de procès judiciaires dont celui de John Demjanjuk. Voir aussi l'entrevue avec la Professeure Rebecca Wittmann autour du procès Demjanjuk sur CBC au « Sunday Edition » avec Michael Enright : http://www.cbc.ca/world/story/2009/12/18/f-demjanjuk-clibbon-war-crimes-trial-qa.html
Nouvelles des Universités : Centre canadien d'études allemandes et européennes (CCEAE) à l'Université de Montréal Laurence McFalls La nouvelle année a débuté par rafale de nouvelles initiatives à l'enseignement au CCEAE. Notre nouveau professeur invité DAAD, Ulrich Ufer, a repris et retapé le séminaire de méthodologie interdisciplinaire qui se trouve au cœur du programme de cycles supérieurs en études allemandes et européennes du Centre. Étant lui-même le produit d'un doctorat en cotutelle franco-allemande en anthropologie sociale et en histoire, Ufer a mis sur pied un séminaire à partir d'une déconstruction critique des discours universitaires contradictoires prêchant la nécessité de l'interdisciplinarité tandis qu'ils dénigrent la pratique interdisciplinaire comme telle. Entre temps, le directeur de la Chaire de recherche du Canada en études allemandes et européennes, Till van Rahden, en collaboration avec le professeur Randall Hansen de l'Université de Toronto, a lancé un appel à la candidature pour un nouvel institut d'été pancanadien en études allemandes. L'Institut d'été annuel est organisé par un consortium de l'Université de Montréal, l'Université McGill, l'Université York et l'Université de Toronto. À Berlin, en juillet prochain, sera tenue la première édition du séminaire d'été sponsorisé par DAAD qui portera sur le thème de la « Diversité en Allemagne moderne : religion et ethnicité, sexualité et race ». Les étudiants diplômés de partout au Canada sont invités à soumettre leur candidature pour ce séminaire d'été crédité et aussi pour deux autres séminaires sur la communication interculturelle et l'éthique des Affaires. (Pour des détails sur l'organisation de ces séminaires, voir le site Internet du CCEAE : http://www.cceae.umontreal.ca/) Une autre initiative d'enseignement qu'aurait voulu voir se réaliser en 2010 le CCEAE est l'Internationales Greaduiertenkolleg (IGK) en collaboration avec la Freie Universität de Berlin. Sous le titre « Négocier la diversité », ce programme de formation de recherche ressemblera des étudiants de doctorat et des membres du corps professoral travaillant sur des questions liées à la diversité (dont l'emphase particulier portera sur la langue, le genre et la religion) depuis des perspectives empruntées aux sciences sociales et humaines et à l'histoire. Ce nouveau programme doctoral se développera à partir du thème de recherche principal du CCEAE soit celui de la « Diversité et civilité : la démocratie et la politique d'appartenance depuis les Lumières ». Ce thème oriente la série de conférences et d'ateliers organisée par le CCEAE cette année ainsi que les articles que présenteront les chercheurs et les professeurs du Centre durant la conférence du Conseil des études européennes (qui se tiendra à Montréal à la mi-avril) et la conférence du Centre DAAD (qui aura lieu à Berlin au début mai). Voyez notre site Internet pour de plus amples détails. Finalement, le CCEAE attend avec impatience la venue d'un groupe de visiteurs distingués grâce au programme de séjours de courte-durée issu du programme de financement DAAD, « Promouvoir les études allemandes et européennes au Canada ». Parmi les visiteurs qui séjourneront à Montréal (et qui visiteront aussi d'autre universités partenaires au Canada central) pour une durée allant jusqu'à trois mois cet hiver et ce printemps, il y aura Stephanie Hofmann (Genève), Andreas Fahrmeier (Frankfurt), Claudia Mayer (Aachen), Werner Gephart et Raja Sarkani (Bonn). Nous nous attendons également à une salle comble cet automne!
Institut d'études européennes (IES), Université de la Colombie-Britannique Kurt Huebner « Après Copenhague. Le régime d'échanges d'émission transatlantique est-il encore possible? » En dépit du terne résultat des négociations de Copenhague, les enjeux liés au réchauffement planétaire ne disparaîtront pas. Cette année, l'IES organise une discussion à l'occasion du « Globe Fair » qui se tiendra à Vancouver les 24-25-26 mars ainsi qu'une table ronde à l'Université de la Colombie-Britannique pour échanger à propos des opportunités et des défis liés au marché de carbone transatlantique UE-Canada-É-U. Cet événement est cofinancé par le programme sur les relations climatiques transatlantiques du ministère des affaires étrangères allemandes. « A-t-on besoin d'une coopération monétaire planétaire » Les devises de l'Union européenne et du Canada traduisent de fortes tendances à la hausse contre le dollar américain. Même si les raisons de cette hausse des devises européenne et canadienne diffèrent, il est évident qu'une modification des taux d'échange ne favoriserait pas le rétablissement économique. D'autant plus qu'une telle erreur pourrait provoquer une mauvaise allocation des ressources. D'une perspective mondiale, la possibilité d'un accroissement de la volatilité des taux d'échange apparaît encore plus dangereuse. L'événement de l'IES a pour but de porter ombrage aux prochaines rencontres du G8 et du G20 qui auront lieu à Toronto et qui porteront sur la situation précaire actuelle des régimes monétaires mondiaux. Cofinancé par le Ministère allemand de l'économie et de la technologie ainsi que par la Commission européenne, l'événement de l'IES à Vancouver visera à trouver des alternatives au régime actuellement en place. Pour de plus amples information concernant ces deux événements, visitez : http://www.ies.ubc.ca/ ou contactez Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir . Cette adresse courriel est protégée contre les pourriels alors vous devrez télécharger JavaScript |
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